Je suis assise sur un banc de pierre, froid. On est au mois de mars, le début du printemps. Le décor est simple, un chemin de terre, bordé d'arbre varié. C'est une matinée plutot fraiche pour ce début de saison, il y a une légere brise qui agite les feuilles des arbres, le bruissement de ces feuilles me parvient, comme un murmure. Je sens le souffle frais sur mes joues, et la lumière du soleil, blanche, ferme mes yeux, éblouis. J'entend le silence. Si tranquille. C'est cette quiétude qui est passionante. Je reste assise la des heures et des heures, sans broncher, à écouter la nature vivre. C'est si beau, et je serais incapable d'expliquer ce qui me rend cette scène sympathique, j'aime juste ces moments la. Je les aime violemment, au point de les rechercher, ils sont vrais. Il n'y a pas besoin de mots, pas besoin de gestes, et la pensée jusqu'alors complexe et torturée peut se relacher. La tête vide. Il n'y a plus de questions, c'est ces instants où l'on peut s'abandonner, et être. Parce qu'à l'abri des regards moralisateurs, et des jugements faussés, nous ne sommes plus étriqués, nous sommes Libres. Je passerais des heures à ne rien me demander, à ne penser à rien, à être une imbécile heureuse. J'aime cette sensation de solitude tranquille. Et alors, la nature fascine, puissante et douce, bruyante et silencieuse, un paradoxe. J'en suis tombé amoureuse, irrévocablement elle m'a enlacé et je me suis éprise de ce vent, de ce ciel, de toute ces petites choses, futiles. Et corrompue par la consommation, entrainée dans une spirale, elle est le seul repère fiable auquel je me suis attachée, et elle, elle ne m'a jamais déçue. Pas une fois. Alors je m'assoie parfois et je savoure simplement. Je regarde passer le temps et je pense juste: "Ouep, la vie est plutot Belle".
"Sans cesser d'aimer l'homme, j'adore la Nature."
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